2 janvier 2020 : sur la petite île de LEMUY, paradis et cauchemar !

… Cet après-midi j’ai demandé au chauffeur du bus de m’emmener tout au bout de l’île :

DETIF c’est comme une deuxième île au bout de l’île,

le bout du bout. A midi, juste avant fermeture, l’employé de la mairie m’a indiqué une plage où on peut nager  ! :

Parole à ne pas prononcer devant moi ; je fonce à l’auberge chercher mon maillot de bain ; et j’attrape l’unique bus de la journée : 14.00 sur la place du village…

Ce petit bus local me promène sur l’île (30 km de long ? ) de colline en colline, de village en village, d’église en église (du patrimoine encore !).

Sur la route.., photo prise du bus ! Photo VPapillard 2.01.20

sans arrêt jusqu’à .. « la Playa ». Et cette fois encore, je suis seule dans le bus !

Photo VPapillard 2.01.20

Je me régale de ces paysages inattendus, oubliant où je suis, d’où je viens.. c’est un bonheur à l’état pur qui coule dans mes veines..; j’en pleurerais presque d’émotion..

Photo du bus : petites échappées entre les collines ! Photo VPapillard 2.01.20

Sur les routes étroites, de très rares voitures ; dans les villages, quelques rares habitants bien tranquilles ; « Pas de bus retour » après 15 h » m’annonce le chauffeur « ; surprise ! ..; mais cette perspective ne m’effraie pas, (optimisme de voyageuse ?), je trouverai bien une solution !

LEMUY : un petit bijou !

(émeraude ? Topaze ? ..) 

Je me répète :

CHILOE c’est.. de l’eau et du vert, un peu de blanc en toile de fond (volcans enneigés), et à cette saison, (l’été ici), des talus, des champs de fleurs

C’est un peu de ma Normandie natale, beaucoup de la Suisse.., un peu de la Dordogne ? ou du Pays basque ?? et des petites maisons de bois de toutes les couleurs qui pourraient faire penser aux pays nordiques ? (*)

Photo VPapillard 2.02.20
Mer et montagne : Photos du bus – photos VPapillard 2.01.20

Magnifique ! 

Au bout de la route, le bus me dépose à son terminus, fait demi-tour et repart aussi vite. A quelques mètres, derrière ces « fougères » géantes, nom précis à venir,

la plage !

Ces feuilles géantes qui ont servi à couvrir le CURANTO – le plat traditionnel chiléote- le soir du 31 décembre

Des galets et du sable ! : mon premier bain à CHILOE ??

Et non !!, UN PARADIS qui tourne au CAUCHEMAR !  

Le soleil tape dur ; peu m’importe ; trop heureuse, je sors mon maillot de bain, mais STOP ! : ! … car je dois fuir AU PLUS VITE ! face à un envahisseur imprévu ! :

Des énormes bestioles de la taille des frelons d’Europe ?? tournent autour de moi m’enfermant dans un cercle infernal d’où je ne sais comment m’échapper ; de grands gestes ne suffisent pas ; elles s’éloignent alors une seconde puis reviennent, « en force », fondant sur moi à la vitesse d’un rapace ; je suis leur unique proie sur cette plage ; une seule chose à faire, fuir au plus vite avant qu’elles me dévorent ; je sors de mon sac ce que je peux pour me couvrir, et je pars en courant sur les galets jusqu’au bord de plage où le bus m’a déposée. Mais rien à faire elles ne me lâchent pas !, et ne me lâcheront pas des 30 mn qui suivront : épuisante lutte !

Je remonte le sentier jusqu’à la route, cherchant des yeux un abri .., n’importe quoi, n’importe quel lieu où je pourrais trouver refuge, une voiture qui passerait pour m’emporter loin .., mais non rien, rien à l’horizon ! aucun lieu, rien pour me protéger de l’assaut ! ; la petite route qui domine maintenant la mer me parait au bout du monde .. ; où suis-je ? (ben oui je l’ai voulu, ce bout du monde !.. : et j’entends déjà certains de mon entourage murmurer ! « y’a qu’à toi que çà arrive ! » : clin d’oeil à mon agression par un âne il y a dix ans ! Oui, je l’ai voulu je le suis, au bout du monde !! : cher payé !

Mais là, j’y crois pas .. je suis en train de rêver, non ? ..mauvais rêve !!

Bien loin de mesurer la beauté du lieu, je marche, je marche, je cours entre des buissons abondamment fleuris d’où continent à sortir des dizaines de bestioles, des « paquets », un essaim ??, qui se ruent sur moi à la vitesse de l’éclair !! , mais bon dieu, elles sortent d’où toutes ces bestioles, pourquoi m’en veulent -elles à ce point ??

Et quand ce cauchemar va-t-il s’arrêter ??

Essoufflée, je m’accroupis un instant au milieu de la route pour ne pas frôler les buissons ; instinct de protection, je mets ma tête entre mes bras.. lorsque soudain je perçois, incrédule, (illusion ?), un léger bruit de moteur : miracle, une voiture ! ; je me redresse à la hâte, je fais signe ; ouf elle s’arrête ; elle vient de plus loin ; – et heureusement pour elle, cette joyeuse petite famille, inconsciente du danger qu’elle a frôlé.. -, m’emmène jusqu’au prochain village ..

Ouf ! Au revoir les bestioles ! quelle histoire !

Le lendemain j’apprends que ces frelons redoutables sont bien connus sur l’île ; ils ne se montrent que 3 semaines par an, à un moment précis de leur croissance en janvier !! ..: c’dst bien ma chance ! .. et pas un hasard peut -être si j’étais seule sur la plage et après-midi là ?!

La chance de retour-,  » Seconde chance, ma voiture sauveur a choisi de faire un stop à DETIF, juste devant l’église.

DETIF ma préférée des églises de CHILOE ! :

une très jolie petite église de bois, encore une ! : une des 4 inscrites au patrimoine de l’île,

Coup de chance la gardienne est là pour nous ouvrir ! :

…et coup de foudre pour l’intérieur, décoré pour Noël, et pas que.. !

Un peu plus tard dans l’après-midi, après cette réjouissante étape, je regarde ma montre : 16.00 ! ; la gardienne de l’église me confirme qu’aucun bus ne passera plus d’ici la fin de la journée ; ouh la la .. je ne dois pas traîner pour reprendre la route car la distance pour regagner le village principal c’est… : 20 KM !! et même si la nuit tombe tard ici .. y’a pas de quoi flâner !!

J’avoue qu’à cet instant, la perspective de cette longue marche sous le soleil encore haut et chaud (qui l’eut cru en Patagonie ?!), est loin de me réjouir ; je sens un soudaine fatigue m’envahir ; (fatigue post-traumatique aussi, il faut le dire !..)

Mais c’est pas le moment d’avoir des états d’âme ; je prends mon bâton de pèlerin : en route !

Je grimpe jusqu’au carrefour qui surplombe l’église et me lance direction Est, sur une nouvelle route goudronnée à peine plus large que la précédente ; plus passante ?? ; .. à voir !! Superbe, c’est sûr, mais une fois de plus, déserte !!

J’avance ; courage !! ma seule chance d’arriver au village avant la nuit..c’est tenter le stop !, je me retourne donc régulièrement pour surveiller d’éventuels passages de voitures mais pas plus que tout à l’heure, .. personne !

La seule voiture qui passera 20 minutes plus tard sera celle des … CARABINIEROS !

Pouce en l’air, « STOP »

Deuxième miracle de la journée, la voiture s’arrête ; derrière un grillage, la fenêtre avant s’entr’ouvre :

  • « Que hace usted Senora  » ?? (Que faites-vous là ?) :
  • « je rentre de randonnée ; je cherche à rentrer au village ! mais à pied c’est vraiment loin et il est tard ! Vous allez à Puqueldón ? » (nom de la « capitale » de l’île où je loge)
  • « Imprudente ! » me dit « l’homme en uniforme » sur un ton abrupt ; « personne ne passe plus ici après16 h ! » (hummm, là d’un seul coup, je sens que je me me mets à trembler : c’est bizarre comme ici, dans ce pays, la vue d’un militaire me fait trembler ..suivez mon regard ! (et ref à mes aventures dans Santiago, il y a quelques jours, en bordure d’une manif’ sociale !) : j’ai donc une seconde d’hésitation, besoin de cacher mon trouble…
  • « Bon, (je sens l’impatience !), vous montez ?? »
  • « Si, si, senior !.. » :

La porte arrière du véhicule s’ouvre à moi, hop je grimpe !

Et me voilà dans le fourgon des Carabinieros pour 20 km, retour à Puqueldon !

Silence « de mort » dans le fourgon ; derrière un autre grillage.. bien épais aussi, ne croyant pas à ma chance, je regarde défiler le paysage.. !

Pas un seul mot échangé « entre l’avant et l’arrière » ! je suis vraiment bien « parquée », bien enfermée !! Peu importe me dis-je, je rentre au bercail !! je la mesure cette nouvelle chance : que le seul véhicule en circulation sur cette partie de l’île à cette heure du jour se soit arrêté !

« Grand confort », me dis-je ! .. :.. et je ne savais pas encore que je serais déposée au village juste devant mon Hospedaje

Ouf ! saine et sauve à l’auberge.

A mon arrivée, Maria me demande si elle me prépare un repas dans la grande salle du bas, je sais que je suis la seule cliente de l’auberge aujourd’hui ; mais oui bien sur, un repas .. et complet, por favor ! ..affamée par le lot d’émotions de la journée ;

(un vrai luxe ce diner *! : préparé avec « amour » par Maria à qui je raconte mes émotions, elle me réponds « mais c’est çà LEMUY ! »)

Merci Maria car tout est fermé le soir dans le village !

Repas .. et repos bien mérités dans la grande salle .. vide ! peu m’importe ! et au lit ! (non ! en fait, je « trouve le moyen » de ressortir marcher dans le village après le diner .. « au grand jour » (il fait encore bien jour à 21.00, ce 2 janvier !), à l’heure où plus un chat ne met ses moustaches dehors).

C’est un tel bonheur ces longues journées de l’été austral, ces odeurs de fleurs, d’herbe coupée, de foin, cette multitude de parfums jusqu’au coeur du village le soir !

( *) Bizarre comme mon cerveau se met souvent à comparer avec d’autres lieux  !!) Francisco Coloane, célèbre écrivain chilien, encore lui, excusez-moi, il est mon compagnon de voyage sur les routes de CHILOE .. je vous donnerez un peu plus tard son avis…


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